Pour la personne qui se rétablit d’un trouble de l’alimentation, les aspects les plus basiques du manger sain doivent êtres réappris. Le trouble de l’hyperphagie boulimique est caractérisé par une relation anormale et chaotique avec la nourriture, dans laquelle des quantités de nourriture plus importantes que la normale sont ingérés, au quotidien, en peu de temps. Une idée fausse subsiste au sujet du trouble de l’hyperphagie boulimique : il s’agirait pour certains d’une question de maîtrise de soi et de volonté, exclusivement.

Il faut savoir que le trouble de l’hyperphagie boulimique est une maladie mentale grave qui va au-delà de la suralimentation compulsive. Une personne aux prises avec un trouble de l’alimentation se sentira souvent extrêmement bouleversée ou angoissée pendant ou après une crise et utilisera souvent la nourriture pour composer avec des émotions intenses comme le stress, l’anxiété, la tension, la dépression, la tristesse, la colère, etc. En raison de la composante émotionnelle de la boulimie, le malade aura tendance à s’engourdir pendant les épisodes de frénésie car il s’agit d’une forme temporaire d’évasion. Un manque de satisfaction est généralement ressenti lors d’une consommation excessive, peu importe la quantité de nourriture consommée.

Le traitement impose diététique et thérapie

En raison de la gravité de ce trouble et des nombreux facteurs en cause, il est utile de demander de l’aide à une équipe thérapeutique professionnelle pour aspirer à la guérison. Le traitement comprend la nutrition thérapeutique et l’apprentissage d’habitudes alimentaires saines. Il s’agit finalement de faire la paix avec la nourriture et l’organisme. Parce que le physique et l’émotionnel sont étroitement liés, avoir un traitement qui s’adresse à ces deux domaines est tout simplement capital. Travailler avec un diététicien seulement n’est pas suffisant : il faut inclure le thérapeute pour aborder la complexité de ce trouble. À mesure qu’une personne commence à guérir et à grandir émotionnellement, la nourriture commence à prendre la place qui lui revient. C’est une nourriture pour le corps, pas l’esprit.

Dîner au restaurant : un défi

Manger au restaurant peut aussi être une expérience stimulante pour la personne qui se remet d’un trouble alimentaire. Le fait d’être dans un environnement nouveau, avec des portions et des aliments inhabituels peut conduire à la rechute. Si vous êtes en convalescence à la suite d’un trouble de l’alimentation et que vous avez des difficultés à manger dehors, assurez-vous de travailler avec votre diététicien et votre équipe soignante afin d’apprendre à surmonter ces situations qui risquent de se présenter à vous après la guérison.

Faire la paix avec soi-même, mais aussi avec la nourriture

La pleine conscience est une philosophie qui enseigne la conscience de soi et de l’environnement pour réapprendre à réagir de façon appropriée. La sensation de faim et les indices de plénitude sont souvent perdus avec le trouble de l’alimentation. Il faut réapprendre à écouter son corps et à doser les effets de la nourriture.

Si vous allez manger à l’extérieur, assurez-vous de planifier en conséquence si vous le pouvez et d’avoir du soutien dans votre entourage. Il est également important de manger suffisamment avant d’aller au restaurant pour réduire les risques de crise. Enfin, visez le progrès, pas la perfection. En apprenant à écouter votre corps, vous découvrirez que c’est souvent une expérience qui se fait par tâtonnement. Il peut arriver que vous mangiez trop ou pas assez, mais ni l’une ni l’autre de ces situations n’est synonyme d’échec. Rappelez-vous que vous pouvez tirer des leçons de vos expériences passées et réessayer tant que vous le souhaitez. Restez en contact avec votre équipe de traitement tout au long de ce cheminement vers le rétablissement.