Le processus de guérison des troubles de l’alimentation nécessite plusieurs étapes et approches différentes. C’est une maladie complexe qui se nourrit de facteurs émotionnels, psychologiques et biologiques enchevêtrés. Le malade qui souffre d’un trouble de l’alimentation, quel qu’il soit, ne peut pas seulement « décider » de remonter la pente. Il a besoin d’une aide thérapeutique professionnelle bien ficelée. Les troubles de l’alimentation doivent être abordés dans une approche globale pour améliorer la qualité de vie dans son ensemble. L’idée n’est pas de faire disparaître les symptômes, mais bien de préparer le terrain à une vie plus saine et plus sereine.

Apprendre à mieux gérer les symptômes courants peut être un tremplin pour aider une personne aux prises avec un trouble de l’alimentation à améliorer sa qualité de vie globale. Le comportement de celui qui souffre de l’hyperphagie boulimique affiche typiquement des habitudes chaotiques avec la nourriture : la consommation de portions anormalement importantes en peu de temps, l’ingestion rapide d’aliments et le dépassement quasi-systématique de la satiété.

Les conséquences de l’hyperphagie boulimique

Pour traiter ce trouble, les facteurs émotionnels et psychologiques sous-jacents doivent être la clé de voute du traitement. En effet, il est très probable que ces facteurs induisent, au moins en partie, les épisodes de frénésie alimentaire. Il faut noter que la frénésie alimentaire n’est pas systématiquement impressionnante pour le spectateur : il peut arriver que le malade ait juste l’air de manger avec appétit, mais que ses goûts soient quasi-exclusivement dirigés vers des aliments riches en glucides et en graisses, ce qui provoque la libération de la sérotonine dans le cerveau. C’est pour cette raison que les personnes aux prises avec des troubles de l’alimentation à débordement se tournent souvent vers les aliments riches en glucides comme les pâtisseries, les biscuits, les gâteaux et autres desserts, les aliments riches en glucides simples (tels que le pain, les pâtes), les aliments qui ont tendance à être plus riches en gras (comme les aliments frits, les aliments prêts-à-manger).

Les aliments « boulimiques » diffèrent selon les malades. Il est important de les identifier et de comprendre les émotions qui déclenchent l’envie de les consommer en excès. Apprendre à déchiffrer la faim physique à partir de la faim émotionnelle est également une clé pour briser le cycle de la frénésie. Par exemple, si une personne vient de dîner à satiété puis décide de consommer un grand pot de crème glacée quelques minutes plus tard, il est peu probable qu’il s’agisse s’une faim physique. Dans cette situation, un déclencheur émotionnel peut l’avoir incitée à manger un aliment particulier, même si elle est déjà physiquement rassasiée. Il est essentiel d’être conscient de ces différences pour aller de l’avant dans la reprise.

Les aliments déclencheurs de la boulimie

Il faut rééduquer le malade sur le fait que les aliments sont sur un pied d’égalité. Il doit être convaincu qu’il n’y a pas forcément d’aliments « bons » et « mauvais » : c’est essentiel pour faire la paix avec la nourriture. Il est important de laisser de côté le jugement que vous pouvez généralement ressentir en mangeant certains aliments et de comprendre que tous les aliments peuvent jouer un rôle dans votre nutrition globale. Se permettre de manger les aliments que vous voulez vraiment manger et autoriser la faim physique sont des aspects clé de la guérison.

Par exemple, si c’est votre heure de déjeuner et que vous avez envie d’un sandwich et de croustilles mais que vous optez pour une salade parce que vous pensez que c’est la « meilleure » option, vous créez un sentiment de privation pour vous-même qui peut déclencher une frénésie par la suite. Si vous honorez l’appétit que vous éprouvez, vous pourrez probablement cesser de ressentir ce besoin et finalement vous sentir plus satisfait de vos choix alimentaires.

La pratique de la pleine conscience est également essentielle dans la rééducation alimentaire. L’alimentation consciente implique de déclencher l’acte de manger lorsque l’on a faim et d’arrêter lorsque la satiété est atteinte. Le processus de « renégociation » des aliments déclencheurs de la boulimie peut sembler parfois difficile, mais pas à pas, vous approcherez de cet état de bien-être alimentaire, lui-même déclencheur du bien-être global.