L'Anorexie et les enfants
L'anorexie mentale touche des patients de plus en plus jeunes, a expliqué le Dr Marie-France Le Heuzet (psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, hôpital Robert Debré à Paris), évoquant le cas d'enfants traités pour des restrictions alimentaires, voire également d'apports hydriques (boissons) à 7 ans, 8 ans, voire plus jeunes.
La pression socio-culturelle en faveur de la minceur, invoquée pour expliquer ce trouble alimentaire chez les adolescentes, pourrait y contribuer également chez les jeunes enfants.
"La lutte forcenée contre l'obésité, les prescriptions données dès la maternelle" sur ce qu'il faut ou ne faut pas manger, persuade l'enfant que ce n'est "pas bien d'être gros, d'avoir du ventre", explique-t-elle, relevant aussi le rôle des médias et des préoccupations de poids des parents.
Dès 3 à 4 ans, on observe chez les enfants "un rejet des obèses et du gras", et à 5 ans on peut relever chez eux "une relation négative entre poids et estime de soi", met-elle en avant, soulignant aussi la peur des mères d'avoir un "bébé gros".
Mettant en garde contre le risque "d'arrêt de croissance" chez les enfants anorexiques, elle invite pédiatres et généralistes à surveiller attentivement courbes de poids et taille des "petits mangeurs". Il ne faut "pas augmenter l'angoisse des mères", c'est "aux professionnels d'être vigilants", a-t-elle insisté.
A l'hôpital Robert Debré, les 8-12 ans représentent environ 30% des jeunes traités pour anorexie, a précisé Catherine Doyen, psychiatre dans le même service, qui relativise le rôle d'un "dysfonctionnement familial" dans l'apparition du trouble alimentaire.
Si un tel dysfonctionnement "risque de perpétuer le trouble", de multiples facteurs peuvent être à l'origine de l'anorexie, explique-t-elle, relevant une "idéalisation des relations familiales" et une "diversité du fonctionnement familial" constaté lors d'études menées auprès de patients et leur famille.
Toutefois, pour les jeunes enfants souffrant d'anorexie la thérapie familiale s'avère plus efficace que la prise en charge individuelle, ce qui n'est pas toujours le cas pour l'adolescent, selon le Dr Doyen.
1) Ne pas manifester de préoccupations excessives pour la nourriture.
2) Ne pas manifester de préoccupations excessives pour le poids ou pour l'apparence physique.
3) Témoignez amour et affection à votre enfant sans trop le protéger ou trop le contrôler.
4) N'imposez pas constamment des comportements parfaits à votre enfant.
5) N'imposez pas des buts impossibles ou trop difficiles à votre enfant.
6) Récompensz autant les petits pas accomplis que le résultat final.
7) Encouragez la prise d'indépendance de votre enfant.
8) Encouragez la sociabilité de votre enfant en le mettant en contact avec d'autres enfants.
9) Evitez toute forme de violence physique à l'égard de votre enfant même s'il vous semble que " c'est pour son bien"
L'anorexie mentale touche aujourd'hui plus de 40 000 jeunes filles en France,
elle représente même la deuxième cause de mortalité chez les adolescentes aprés les accidents.
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