De l’extérieur, le trouble de l’hyperphagie boulimique peut donner l’impression de se résumer à un déséquilibre alimentaire avec des problèmes alimentaires comme la surconsommation de certains aliments et certaines périodes de la journée. On peut comprendre cette idée reçue dans la mesure où les personnes atteintes de troubles boulimiques ont tendance à consommer des quantités anormalement élevées de nourriture dans un court laps de temps sans pouvoir se contrôler.

Cependant, il y a des problèmes émotionnels et psychologiques sous-jacents qui se manifestent à travers ces habitudes et comportements alimentaires excessifs. Se libérer de la frénésie alimentaire ne se fait pas seulement en réapprenant à manger correctement. Le gros du travail se fera sur le plan mental et émotionnel car il faudra d’abord identifier puis agir sur les problèmes sous-jacents qui déclenchent ces comportements. C’est le seul recours possible contre l’hyperphagie boulimique et tout autre trouble alimentaire.

Traiter le l’hyperphagie boulimique, ensemble

Si vous ou quelqu’un que de votre entourage avez éprouvé des difficultés dans ce sens, il peut être à la fois un soulagement mais aussi un défi d’apprendre que cette maladie n’est pas simplement un problème alimentaire. Bien qu’il puisse être difficile d’explorer les nombreuses couches sous-jacentes qui font partie de cette maladie mentale, les processus thérapeutiques actuels arrivent à des résultats probants. Heureusement, il existe de nombreux aspects du traitement qui peuvent aider une personne à guérir d’un trouble de l’alimentation. La thérapie est généralement multipartite et collaborative avec le concours de divers spécialistes des troubles de l’alimentation : médecin, thérapeute/conseiller et diététiste professionnel, entre autres.

Les thérapies peuvent varier, mais elles combinent habituellement les thérapies comportementales, la pharmacothérapie et la nutrition médicale. Combiner des formes alternatives et conventionnelles de traitement peut également être une façon efficace de traiter le trouble de l’alimentation car sur la durée, les protocoles thérapeutiques peuvent lasser le malade.

La pleine conscience alimentaire

On retrouve le concept de conscience alimentaire dans des thérapies anciennes qui nous viennent de l’Orient. Il fait référence à un état de conscience de soi-même au moment présent, avec un certain degré de maîtrise des pensées, des sentiments et des sensations corporelles. Pour certains, la pratique de la pleine conscience peut sembler une expérience farfelue ou fantaisiste. Pour d’autres, la pratique de la pleine conscience peut sembler beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Quel que soit votre degré de scepticisme vis-à-vis de cette pratique, elle vaut la peine d’être essayée. C’est peut-être votre voie personnelle vers la guérison des troubles de l’alimentation. Il a été démontré que l’intégration des techniques de pleine conscience dans le traitement des troubles de l’alimentation occasionnels réduisait la consommation excessive d’aliments, améliorait la gestion du poids et de l’appétit et concourrait à une meilleure glycémie.

La pratique de la pleine conscience peut prendre de nombreuses formes différentes, notamment :

  • Méditation
  • Yoga
  • Tai chi
  • Techniques de relaxation
  • Prière

L’essence de ces techniques est d’aider les individus à se reconnecter avec eux-mêmes pour passer au-delà du cycle vicieux des troubles de l’hyperphagie boulimique. Cela peut aider le malade sur plusieurs niveaux, y compris la régulation de sa consommation alimentaire. Il sera en effet en mesure de se plier à la faim naturelle et aux indices de plénitude du corps comme le sentiment de satiété. La pleine conscience enseigne également l’acceptation du moment présent, ce qui aide la personne atteinte de boulimie de ne pas intégrer des facteurs psychologiques à son alimentation.

Par exemple, une personne peut souvent se tourner vers la nourriture pour gérer des émotions accablantes comme :

  • La culpabilité
  • La colère
  • L’anxiété
  • La dépression
  • La tristesse

La nourriture devient souvent par inadvertance un mécanisme d’adaptation, une façon de trouver du réconfort ou d’échapper à quelque chose d’inconfortable.

Thérapie et conscience : la voie vers la guérison

La pleine conscience nous enseigne à comprendre ce que nous ressentons, mais aussi à accepter nos émotions sans leur prêter une intention vicieuse ou nocive. La combinaison de techniques de pleine conscience avec d’autres thérapies comportementales comme la thérapie cognitivo-comportementale ou la thérapie comportementale dialectique peut aider le patient à adopter des mécanismes et des stratégies d’adaptation plus sains.

Si vous ou l’un de vos proches êtes intéressé par la pleine conscience en tant que moyen de guérison des troubles de l’alimentation, parlez-en à un spécialiste de l’alimentation. Il y a de fortes chances qu’il intègre déjà cette philosophie dans son protocole de traitement.