Mon témoignage,ma lutte pour la vie
En 1997 ma vie bascule. Mon oncle commence à abuser de moi... Au départ simple attouchement. Puis violence sexuelle, violence physique et morale... Cet enfer va durer jusqu'à mes 12ans...
En 2001, à l'âge de 14ans, je tombe dans l'anorexie. Mon poids chute rapidement et dangereusement... Ma relation avec mes parents qui n'avaient jamais été bonne, s'envenime davantage. Première hospitalisation qui consiste en un gavage sans réelle psychologie. J'en ressors épuisée et démolie, mais avec deux nouvelles armes : les vomissements et l'art de faire semblant... Je reperd tout le poids reprit en hospitalisation et continue ma chute. Seconde hospitalisation en huit mois. Cette fois on tentera de me comprendre et de me guérir... Mais je ferai semblant encore et encore... Tout n'a été que calvaire pour moi. Les sondes, leur psychologie, leur questions, leurs regards... Je ne pouvais rien supporter... Peut être étais-je trop révolter à l'époque. Je ne sais pas... Je suis ressortis deux mois après... Mais l'anorexie avait laissé le pas sur la boulimie. Ils m'ont cru guérie alors que j'étais encore plus malade...
18 juin 2005 : une envie d'en finir, de couper les ponts avec tout le monde... J'ai tout fait pour me couper du monde. Je voulais mourir et que personne ne me regrette, alors je me suis mis tout le monde à dos... Seuls mes meilleurs amis ont compris ce qui n'allaient et sont restés près de moi... Cet été là m'a permit de faire à nouveau le tri dans ma vie.
21 juin 2005 : gros coup de déprime. Prise de cachets avec de l'alcool. Allez à l'hôpital pendant trois jours. On m'a sauvé la vie encore une fois mais je ne me sens toujours pas à ma place... Comme si je n'étais pas faite pour ce monde... Comme si je ne l'avais jamais été...
5 juillet 2005 : je décroche mon permis le matin et le bac L l'après midi. Je ne ressens rien... Satisfaction de pouvoir quitter cette ville, de m'éloigner de tous ces mauvais souvenirs...
17 décembre 2005 : je retombe dans la boulimie. Après huit mois sans TCA (trouble du comportement alimentaire) d'aucune sorte, je replonge dans la boulimie et l'anorexie... J'alterne les deux sans relâche... La faculté se passe... J'ai appris que ma mère avait un cancer en décembre. Je me suis écroulé ne sachant trop comment réagir...
Ma mère est très malade. Après des années où je ne vivais plus avec mes parents je suis retournée vivre chez mes parents quand ils auront besoin de moi...
Je voulais changer... Je n'en pouvais plus. Être retombé dans la maladie m'a terriblement affectée. Je faisais tout pour me redresser, pour m'en sortir mais je ne trouvai pas la lumière... J'ai écris pas mal à cette période... " Je dois changer... Tout le monde change, le monde lui-même change... Alors pourquoi est-ce que je ne change pas ? Des années de douleurs, de souffrance, d'alternance entre les crises de boulimie et d'anorexie... Des années ? Est-ce possible ? J'ai l'impression que cela fait à la fois une éternité et si peu de temps... Où est-il le temps où je mangeais dans l'insouciance... Où les repas étaient signe de bonne entente (que ce soit avec la nourriture où les autres)... Où est donc passé cette époque où je rigolais de tout, où je n'avais pas besoin de porter un masque devenant pesant ? Où est cette époque où l'opinion des autres ne m'affectaient pas ? Où est ce temps, fugace fut-il ou non, où je ne m'isolait pas des autres ? J'ai la fâcheuse tendance de tout détruire avec mes ami (e) s dès que tout commence à aller parfaitement... "
Vendredi 3 février : hospitaliser après un malaise... L'anorexie me bloquait totalement. Incapable de manger... Toute nourriture avalait, ressortissait aussitôt. L'hôpital me garde une journée. Mise en garde sur mes carences en potassium, calcium. Le samedi je tente de m'ouvrir les veines. Point de suture à l'hôpital. Il ne me garde pas. Je suis anéantie. Je suis une loque... Je ne sais plus quoi faire. Je ne réalise plus rien...
Mes journée se résument à prendre des cachets, dormir, vomir, manger, prendre des cachets, me mutiler...
10 mars 2006 : énième rendez-vous chez mon médecin (je le vois deux fois par mois en moyenne, parfois qu'une fois selon mon emploi du temps). Il a peur que je replonge dans un état dépressif. J'ai fondu en larmes devant lui quand il a vu mes nouvelles cicatrices... Je suis toujours incapable de parler du pourquoi... Il me remet sous Elavil (antidépresseur).
Je ne les prends pas... Je sais trop comment ça détruit ces trucs. Je lui ai redemandé du stilnox (somnifères) et de la codéine pour mes douleurs aux dos... Je dois passer un nouveau scanner
3 avril 2006 : nouvelle visite chez mon médecin. Je vomis à nouveau du sang. Je respire mal. J'ai souvent la tête qui tourne. Mon cœur bat bizarrement. Je n'en peux plus de ces crises. Je voudrai qu'elle disparaisse.
Je continue à abuser des médicaments, mes traitements ne durent pas assez longtemps. Je suis dans un état pas super... Je bois encore et encore... Je n'ai rien fais de l'année... La faculté se termine, je n'ai pas eu mon année... Ma mère se remet de son cancer. Mais moi je n'ai fais que m'enfoncer dans la maladie en silence, sans que personne ne remarque rien.
En pleine période de boulimie.
12 mai 2006 : mon médecin veut m'hospitaliser pour un temps... Il ne sait plus quoi faire. Il voit que mon état ne s'améliore pas... Que ma relation avec mes parents ne me fait que du mal... Il veut que j'aille voir un autre psy. Je ne réponds plus, je ne parle presque plus... Je m'enfonce dans le silence... Les mots ne représentent plus grand-chose pour moi. Me voilà sous Effexor (antidépresseur plus fort). Je dois passer une prise de sang (contrôle régulier de mes taux) et échographie pour mon estomac.
17 mai 2006 : continue de dormir, prendre des médocs. Je n'y arrive plus. Je déprime de plus en plus... Violente crise de mutilations. J'y vais très fort, je voulais mourir, réellement, mais ça je ne le dirait à personne. Je m'ouvre une veine. Un ami me conduit à l'hôpital. Je prétexterait un simple accident. Personne n'en saura rien.
24 mai 2006 : l'anorexie regagne du terrain. Mon poids redescend. Cette nuit là je fais une surdose médicamenteuse...
J'essaie de vivre malgré mon passé qui me poursuit, malgré les cauchemars qui ne me quittent pas, malgré que les maladies continuent à me bouffer la vie... Je fais n'importe quoi. Je me tue à petit feu. Tout est prétexte à me mettre en danger... " Marre de cette putin de maladie qui Me Gâche La vie depuis tant D'année... Les TCA M'ont tous pris... On voulait me guérir, me sOiGnEr. Je Suis Reparti sans L'aNoReXiE, Maladie Qui M'a rendue Aveugle, Prisonnière, seule... Je Me Retrouve Encore Et Toujours Prisonnière... Je Ne Peux Plus Mener Ce Combat Contre La BoUlImIe. Je N'y Arrive PlUs. Je Suis Fatiguée, Épuisée par Tout Ça... "
15 juin : nouveau malaise. Mon médecin est prévenu. Longue discussion qui ne mène à rien... Je rentre chez moi, contre son avis. Il me met en garde.
Je passe tout le reste de l'été à alterner période de boulimie et d'anorexie. Je dors peu... Je fais pas mal de malaise... Je ne m'en sors pas... Je bosse tout l'été en grande surface... Ne supportant plus le rythme et de sortir, je me mutile au travail. Arrêt de travail 4 points de suture au doigt... Personne ne saura jamais la vérité sur cet accident.
20 octobre 2006 : j'ai faillis sauter le cap. J'étais à bout. La fac ne se passait pas comme je le voulais. La boulimie ne me lâchait pas... Mon passé continuait à me poursuivre...
Cette impression de ne faire que survivre, de mentir à longueur de temps, de ne faire que porter un masque est de plus en présente. Je me sens disparaître de plus en plus
2 novembre 2006 ; mon médecin me reparle d'une hospitalisation... Je refuse toujours... Vu les fiascos précédent je ne me sens pas prête à revivre ça... Je sais que si je retourne en centre pour soigner mes troubles je n'y survivrai pas... Les premières fois ont été trop éprouvantes pour moi
10 novembre 2006 : nouvelle crise de mutilations en pleine dépression... Allez à l'hôpital. Trois points de suture au bras. Je ne m'en sors pas
14novembre : Rendez vous avec mon médecin. Il veut que je passe un électrocardiogramme pour mon cœur. Il s'inquiète. Je n'irai pas
16 décembre 2006 : hospitalisé... Je me promenai en ville avec des amis. Je me suis effondré. Une impression indescriptible... Mon cœur qui s'emballait puis avait du mal à battre... J'ai perdu connaissance pour me réveiller à l'hôpital. J'apprendrai que je souffre d'arythmie cardiaque dû à une hypokaliémie (carences en potassium) et des carences en sodium... En gros à cause de l'anorexie et la boulimie... Je suis prise en charge en service de cardiologie. J'y passerai Noël et le jour de l'an. J'en ressors le 10 janvier.
J'ai du mal à me remettre de cette nouvelle épreuve. Les semaines qui suivent je vais essentiellement prendre des cachets et dormir... Je ne verrai presque plus mes amis, et n'irait plus beaucoup en cours.
je suis incapable de me détacher des maladies... Ça constitue ma drogue à moi, plus que n'importe quoi d'autre. Ça fait partie de moi. Les TCA aussi mais les mutilations s'est différent, plus intense, plus je ne sais pas... Ça fait partie de moi, de ce que je suis. En une seconde je peux décider de quitter cette terre... De quitter mes cauchemars, mon passé...
29 janvier 2007 : je m'écroule... Je continue à me mutiler... Mais le moral chute encore et encore... De manière dangereuse, j'avale tout ce que j'ai à boire, prends un tas de médicaments, me coupe avec tout ce que je peux... La nouvelle de mes résultats d'examen de la fac m'ont démolis... Je me laisse couler dans la maladie... Je voulais m'en sortir... Après que l'on est décelé mon arythmie je m'étais promis de m'en sortir, de ne plus replonger... Malheureusement la volonté ne suffit pas... Je ne comprends pourquoi je suis incapable de m'en sortir. Nouvelle tendinite
3 février 2007 : nouveau coup dur... J'ai appris que mon agresseur allait revenir en France... Dans ma ville... Je suis perdue. Je ne sais plus quoi faire, comment réagir. J'ai besoin d'aide. Mes cauchemars se font encore plus présents, plus persistants... Je menace à tout moment de m'écrouler
Mon corps est épuisé. Mes examens à l'hôpital ne rassurent pas sur mon état cardiologique. Je suis épuisé. Je fais beaucoup de malaise. J'alterne crises de boulimie et d'anorexie... Mes muscles lâchent aussi. Troisième tendinite en deux mois
Jeudi 8 février : je vois mon médecin... Il ne peut que constater ma déchéance, ma chute libre... Il veut m'hospitaliser... Toujours le même combat entre nous, moi en silence; lui en parole logique et calme. Il me demande s'il ne m'hospitalise pas de me reposer et de me ménager... J'accepte mais j'ai déjà l'impression de ne faire que me reposer et de ne rien faire d'autre. J'ai l'impression de gâcher ma vie, et de louper mes études.
16 février : nouveau rendez vous avec mon médecin. Résultat de mes test cardio et examens sanguins. Mes taux de potassium et sodium ne remontent pas suffisamment... Mon état cardiologique n'évolue pas... 11 de tension. Mine affreuse... Pâleur, chute de cheveux, hypokaliémie... Diagnostique : surmenage... Repos obligatoire ou hospitalisation...
La dépression me regagne à nouveau après une courte accalmie. Accroissement des crises de boulimie et d'anorexie. Mon corps est à bout, mon esprit aussi. J'ai peur, je commence à paniquer face à mon état. Face à mon corps qui se fatigue de plus en plus et qui ne réagit plus comme il devrait.
Fin février je fais deux chutes dans les escaliers, après avoir pris des somnifères et des antidépresseurs. J'irai à l'hôpital à cause des douleurs une semaine après. Port d'une minerve. Mon poids chute. J'ai revu mon agresseur. Il est toujours aussi monstrueux. Je n'aurai jamais cru qu'il aurait eu l'audace de venir me voir... J'étais pétrifié... J'aurai voulu mourir encore plus que d'habitude... Je me suis retrouvé dans un brouillard total... Tout remonté à la surface... Mes cauchemars, ce qu'il m'a fait...
Mars 2007 : augmentation de mes doses de somnifères et d'antidépresseur ainsi que de codéine... Je ressemble à un zombi. Je suis souvent malade à cause des surdoses... Je me détruis mais je continue
J'essaie de reprendre le contrôle de ma vie, des maladies... ça ne marche pas... Mais je ne lâche pas...
Le 16 avril je décide de me faire tatouer... Une décision pour essayer de calmer mes mutilations... 18avril, mon premier tatouage. Ça m'a mit dans un état d'euphorie indescriptible... Mais ça n'a pas duré malheureusement. La boulimie me reprend. Je refais un second tatouage le 24 avril. "Se battre contre la maladie est dur. Vouloir s'en sortir est trop long. Mais les rechutes sont trop rapides !"
26 avril 2007 : rendez vous chez mon médecin... Je suis en blocage total... Je n'ai plus les mots pour m'exprimer... Je suis désemparée et sans mots devant lui. Il sait que je dois me libérer de ce qui m'empêche de vivre... Et que je ne lui facilite pas la tâche pour comprendre... Mais je suis incapable d'en parler... Et puis parler pourquoi ??? C'était en 1996, alors c 'est trop tard maintenant... Ça ne sert plus à rien
Nuit de 5 mai 2007 : séjour à l'hôpital de 4 jours, après un souci cardiaque. J'ai perdu 5 kilos en dix jours.
Les maladies sont de plus en durs à supporter. Je n'arrive plus à vivre avec ces maladies... C'est de plus en plus dur... Six ans de combat... Six ans... Si longtemps que je vis dans cet enfer des TCA, de la dépression, des mutilations... "comment peut on revenir à une vie normale, à une vie sans maladie, à une vie sans mutilations, quand cela fait six ans que l'on vit ainsi... Six ans pendant lesquelles je me suis battu... J'ai perdu six ans de ma vie... On peut me dire que non... Moi je dis si, j'ai bien perdu six ans de ma vie... Toute mon adolescence s'est déroulé dans la maladie... Des tas de choses que je n'ai pas pu connaitre avec mes amis (comme on le fait normalement), pas de construction réelle d'amitié autre que celle de ceux que je connaissais déjà avant... J'ai appris le mensonge pendant ces années, mais quoi d'autre ??? Le mensonge pour cacher mon anorexie d'abord, puis pour cacher le fait que j'étais toujours malade... Pour cacher mon passé... Pour cacher les mutilations... Pour cacher mes TS...
Tout cacher... Cacher ma vie aussi... Me cacher... Et par tout cacher ne voulais-je pas tout simplement arrêter d'exister ? Ne voulais-je tout bonnement ne plus rien être... Incapable de me démarquer des autres par mes passions, en allant les voir, par un esprit vif... ;... Juste torturée dans ce monde où adolescente déjà je ne me sentais pas à ma place...
Et si j'ai ma place alors celle ci est mauvaise ou mal attribuée ?? Qui peut choisir notre destin ? Qui peut choisir ce qui nous arrive ?? Ce soit disant Dieu ?? Ce soit disant être qui nous a créé et qui est à l'origine des choses qui nous arrivent ? Comment un dieu qui est soit disant amour, peut-il laisser des enfant être maltraités, violés, tués... Comment peut-il laisser des gens souffrir avec les maladies ??? Si c'est lui qui laisse se dérouler toutes ces horreurs qui détruisent des vies, alors je me dis que le bourreau réel c'est lui... Et que c'est un monstre d'égoïsme"
Mai, juin, juillet... Boulimie... Anorexie... Mutilations... Médicaments... Je continue de me battre... Ma vie est toujours bousillée par ces maladies... Je ne trouve pas de solutions... Je m'arrête là car je pense que mon témoignage est assez long comme ça
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